Notes sur Trump – Une histoire américaine

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L’élection de Donald Trump appelle une réflexion de fond sur les aléas de la démocratie représentative, mais aussi sur l’évolution des esprits et des rapports de force politiques aux États-Unis. (en réalité dans la plupart des sociétés occidentales)

Il faudrait suivre l’étonnant parcours du milliardaire misanthrope et revanchard au moins à partir de ses escarmouches contre la présidence Obama. Après tout, Trump a été un des plus bruyants birthers, signe, déjà, qu’il était prêt à toutes les manipulations. Il faudrait surtout suivre l’évolution de la politique américaine depuis les années 1980, en essayant de dégager le sens et les effets, de manière suffisamment nuancée, de la polarisation – la « guerre culturelle » – entre les liberals et les diverses tendances conservatrices.

Bien qu’elles aient été écrites à chaud, et qu’elles reflètent une part de stupeur devant le personnage et ce que signifie sa montée fulgurante au pouvoir, ces notes tentent d’esquisser une analyse générale du cas Trump. … Continue reading

Se parler de constitution, really ?

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Gémir, pleurer, prier est également lâche.
                   Vigny, La mort du loup

Le juste opposera le dédain à l’absence,
Et ne répondra plus que par un froid silence.
                   Vigny, Le mont des Oliviers

Le Canada est ce vaste territoire où l’ambition, la mystique, le hasard, le froid, la force et l’ennui ont réuni trois principaux parcours historiques : celui des nations autochtones, celui d’une société héritière de la Nouvelle-France et celui, devenu dominant par la grâce d’une conquête, du Canada anglais.

Les autochtones ont longtemps été marginalisés et le sont encore, comme si leur fonction essentielle restait de fournir aux autres Canadiens leur dose nécessaire de mauvaise conscience et quelques œuvres d’art pour décorer des ambassades.

Les circonstances et des intérêts réciproques ont imposé aux Canada anglais et français de se parler politique : 1791, 1848, 1867, 1971, 1982, 1987-1991… sans jamais que la conversation ne surmonte toutefois les malentendus sur la nature du pacte imposé par l’histoire. Le Québec veut du bi- ou du multinational, le Canada anglais veut du One Nation, le pluriel étant alors réservé à la pluralité des provinces ou à la pluralité quasi infinie des « cultures ». (Voilà pourquoi il semble plus simple, agréable, inoffensif et électoralement rentable, pour Trudeau fils, de danser avec des turbans sikhs sur la tête, plutôt que de faire le moindre signe d’ouverture à l’endroit des demandes québécoises pour dépasser le diktat constitutionnel de Trudeau père.) … Continue reading

Refusing Conversation

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I will not give you a penny more than you deserve
I don’t know why you bother asking anymore
All of your charm couldn’t make me change my mind
I will not give you a penny more than you deserve
…Whoa, for a lover, no one compares to you.
            The Skydiggers, “A Penny More

The hard Canadian
He don’t have much to say
But he hurts your feelings
Almost every single day
            Gordon Downie and the Country of Miracles, “The Hard Canadian

The Quebec government would like to have a conversation about the place of Quebec in Canada. They’ve published a document, Québécois : Notre façon d’être Canadiens / Quebecers: Our Way of Being Canadian, about their thinking and they’d like to hear back.

Not everyone’s open to this, however. “Vous connaissez mon opinion sur la Constitution,” replied the prime minister before the document was even released, “on n’ouvre pas la Constitution.” And if that’s too curt for you, here’s the sadly predictable conclusion of Andrew Coyne’s latest opinion piece in the National Post: “The same debates, the same fallacies, the same doubletalk, and all of it just as pointless and unnecessary as ever. There is no problem these proposals would solve, no power Quebec needs it does not already have. There is only the inexhaustible self-importance of its political class. How about we just don’t?”

Are these men clear about what’s being asked? There’s no “couteau sur la gorge” this time, nor even the suggestion, such as the one made by the wise but frustrated Charles Taylor in 1992, that Quebec issue an “ultimatum” should the conversation fail, that it “would signify the end of the country” (Taylor called for coupling this with “an expression of openness” so as to avoid “damaging the interlocutor.” As if). Some fellow Canadians are merely expressing a desire to talk. They’re dissatisfied about something and they want to see if we can work it out. Isn’t it the obligation of every good citizen to at least listen to them with an open mind?

Yes, there appears to be little new in the document (though I haven’t finished reading it yet). But what is new – and this is a major difference from the past – is not only the way it’s being presented but also the context. There’s no referendum on the horizon. The forces of sovereignty are extremely weak. Coyne, and evidently Trudeau, take this to mean not that we have an opportune moment here but that the issues raised can be dismissed, if not ignored outright. They’re wrong. We have a duty to respond – critically, if need be, but constructively.

More to come.