Se parler de constitution, really ?

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Gémir, pleurer, prier est également lâche.
                   Vigny, La mort du loup

Le juste opposera le dédain à l’absence,
Et ne répondra plus que par un froid silence.
                   Vigny, Le mont des Oliviers

Le Canada est ce vaste territoire où l’ambition, la mystique, le hasard, le froid, la force et l’ennui ont réuni trois principaux parcours historiques : celui des nations autochtones, celui d’une société héritière de la Nouvelle-France et celui, devenu dominant par la grâce d’une conquête, du Canada anglais.

Les autochtones ont longtemps été marginalisés et le sont encore, comme si leur fonction essentielle restait de fournir aux autres Canadiens leur dose nécessaire de mauvaise conscience et quelques œuvres d’art pour décorer des ambassades.

Les circonstances et des intérêts réciproques ont imposé aux Canada anglais et français de se parler politique : 1791, 1848, 1867, 1971, 1982, 1987-1991… sans jamais que la conversation ne surmonte toutefois les malentendus sur la nature du pacte imposé par l’histoire. Le Québec veut du bi- ou du multinational, le Canada anglais veut du One Nation, le pluriel étant alors réservé à la pluralité des provinces ou à la pluralité quasi infinie des « cultures ». (Voilà pourquoi il semble plus simple, agréable, inoffensif et électoralement rentable, pour Trudeau fils, de danser avec des turbans sikhs sur la tête, plutôt que de faire le moindre signe d’ouverture à l’endroit des demandes québécoises pour dépasser le diktat constitutionnel de Trudeau père.) … Continue reading