Une proposition de réconciliation

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Un désaccord vient de surgir entre Gérard Bouchard et Charles Taylor, auteurs du rapport sur les accommodements raisonnables au Québec. Taylor n’est plus d’accord qu’il faut interdire le port des signes religieux par ceux qui exercent les fonctions dites « coercitives » de l’État, c’est-à-dire les juges et les policiers. Premièrement, la distinction entre ceux qui exercent ces fonctions et les autres n’a pas eu l’influence désirée pour le public visé. Et deuxièmement, le contexte au Québec à changer : l’interdiction proposée contribue à la stigmatisation des communautés d’où venaient les personnes visées.

Réplique

Je veux suggérer une façon de concilier les deux auteurs. Je crains toutefois qu’ils ne l’acceptent pas. Pour commencer, il faut se rappeler que la recommandation qu’il faut interdire le port des signes religieux fait suite à une remarque dans le rapport qui regarde d’un bon oeil la proposition du Bloc québécois suggérant que l’interdiction s’applique à tous ceux et celles qui incarnent l’État et sa neutralité. Il me semble pourtant y avoir ici confusion entre neutralité et impartialité. Après tout, si un intimé musulman s’interroge sur l’impartialité d’un juge juif portant une kippa, il n’aura moins des raisons de le faire face non seulement à un juge chrétien portant une croix non ostentatoire, mais aussi si le Juif remplace sa kippa par une plus petite, non ostentatoire, et aussi si tous les deux cachent leur confession en enlevant leurs symboles religieux complètement. Alors que, puisqu’il fait partie de la description de poste des juges d’avoir un bon jugement, pourquoi pas simplement leur faire confiance pour se récuser quand il y a un doute sur leur impartialité? On n’a pas besoin d’une loi. … Continue reading